La directive européenne 2023/970 sur la transparence salariale s’invite dans l’agenda RH de toutes les entreprises. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’une simple formalité de conformité supplémentaire.
Dans le dernier numéro du magazine de la branche de la chimie(*), nos experts RH Frédéric Bethery, Clémence Bissuel et Jennifer Cerdan, Directeurs Senior Conseil RH chez Arthur Hunt Consulting, décryptent les enjeux de cette directive dont la loi de transposition est en cours d’élaboration en France (entrée en vigueur attendue avant juin 2027).
Ce qu’il faut retenir :
La conformité ne se limite pas à produire un reporting. Elle impose d’auditer méthodiquement toute la chaîne RH : cartographie des emplois, classification, référentiel de compétences, politique de rémunération et de recrutement, évaluation de la performance, gestion des évolutions salariales. Huit processus étroitement liés, où la moindre incohérence peut générer des zones d’iniquité difficiles à justifier.
Au cœur du dispositif : la définition des catégories d’emplois de même valeur par accord collectif, à défaut par accord de branche et décision unilatérale en dernier recours. Cette étape est structurante puisqu’elle détermine le périmètre de comparaison de l’indicateur spécifique mesurant l’écart de rémunération par catégorie de salariés accomplissant un travail de valeur égale (obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés).
Il est d’autant plus essentiel de l’anticiper qu’elle combine des enjeux de pilotage budgétaire (quelles seront les mesures de correction à financer ?), des enjeux de dialogue social (quelles seront les critères acceptables pour le corps social ?) et des enjeux de communication (sur quelle base expliquera-t-on les écarts au salarié qui en fait la demande ?).
Une contrainte… ou une opportunité ?
Nos experts sont clairs : des processus RH pilotés, lisibles et documentés réduisent les risques contentieux, renforcent la marque employeur, engagent les équipes et nourrissent le dialogue social. Autant d’arguments pour anticiper plutôt que subir.
Contribution de Clémence Bissuel, Jennifer Cerdan & Frédéric Béthery pour Le Catalyseur n°134 de juillet 2026, la lettre d’information de France Chimie Ile-de-France.
(*) A noter que cet article a été rédigé avant la parution la seconde version du Projet de loi de transposition du 4 juin 2026 qui ne mentionne plus le nombre d’indicateurs et seront fixés par décret.